lundi 29 septembre 2014

Restons polis, même avec le docteur

Encore un reportage cette semaine sur la violence aux urgences dans une émission de qualité et pas du tout voyeuriste enquete exclusive (lecteur de 2044, si ce lien n'est pas mort, n'appelle pas ma maison de retraite pour m'achever), enquête qui mets l'accent sur nos patients ivres, fous ou désocialisés et un peu agressifs voire complètement dingues. Une émission qui malgré tout son sensationnalisme montrait le drame des personnels et leurs traumatismes (bon heureusement à la fin, ils annonçaient le thème, de bon goût et raccord, de la semaine d'après : "free fight : la folie des combats clandestins"; je ne mets pas le lien, il ne faut pas encourager tes bas instincts, lecteur).
Ce qui me frappe (oui je sais), c'est que cette violence n'est pas réservée à nos patients les plus exclus, ce serait trop facile.
En fait, on sent parfois/souvent chez de nombreux patients ou plutôt leur famille une hostilité latente, très difficilement supportable à la longue. Alors vous me direz fidèles lecteurs de ce blog, "ben oui, c'est à cause de l'attente et de la saturation". Oui et non. Car c'est souvent dès l'accueil, que cette agressivité commence à s'exprimer.
Je t'entends amie infirmière (les médecins étant dépourvus d'affect), c'est parce qu'ils sont inquiets. Peut être anticipent-ils une attente qui va se révéler insupportable alors que leur cher et tendre souffre le martyre, car l'infirmière de l'accueil incompétente par nature va oublier de le soulager et que le médecin urgentiste tout aussi incompétent va lui le tuer en passant à coté du diagnostic alors que le dentiste lui même l'avait fait le diagnostic ? C'est possible. Ça n'excuse pas toujours.
Et d'autres attitudes n'ont rien à voir avec cette inquiétude. 
Certains parlent aux infirmières et aux aides soignantes comme à mon avis, on ne parlait pas à sa bonne au XIXeme siècle. D'autres revendiquent qu'on s'occupe de leurs parents mieux qu'ils ne le font (ce n'est pas toujours difficile). D'autres encore, à moins que ce ne soient les mêmes, sont exigeant comme les clients d'un palace et, faut-il le rappeler, le personnel de l'hôpital n'a pas fait l'école hôtelière.


Alors où est la solution ? 



Pour finir sur une note optimiste je remercie d'abord les 10 patients sur 40000 qui nous envoient leurs remerciements après la prise en charge aux urgences (les autres ont soit porté plainte, soit sont peut être timides). Nous essaierons de mieux nous occuper de ces 39990 là et notamment ceux qui font tout pour qu'on s'améliore en laissant leur avis documenté et mesuré sur internet.

SERVICE DES URGENCES HONTEUX.IL PRENNE TOUS LEUR TEMPS.DONC AU BOUT D 1H30 D ATTENTE ON DIT QU ON VA AILLEURS CAR CEST TROP LONG ET LA DAME NOUS DIT : OK !!!!!!!!
[...] Le service des urgences est carrément nul à chier. 4h ou plus pour une cheville cassée. Les infirmières ne sont pas aimables [...] les urgences sont une bande d incompetent avec une femme a l acceuil qui n a pas envie de bosser que j ai d ailleur insulter et je ne m en escuse pas,des medecins arff qui ne sont pas tres bon [...] bref si vous ne voulez pas avoir des soucis de santer apres une passage  eviter le d ailleur je le deconseille a tout le monde....
Plus de 4h d'attente pour 5 points de suture ! Service merdique ! Infirmière désagréable et pas accueillante du tout c'est juste lamentable ! 

Encore merci, chers patients, de pointer nos manques tout en appréciant notre prise en charge, cela fait chaud au cœur.

Alors, on peut trouver des excuses à tous les comportements. On peut aussi penser que les personnels ne sont pas tous innocents et que parfois nous nous laissons aller. Ce n'est pas professionnel et nous devrions être plus compréhensifs car il est normal d'être angoissé lorsqu'on est malade ou qu'un proche l'est. On sait aussi qu'on fait des erreurs, surtout dans le contexte de l'urgence où parfois on manque de recul. Mais ce qui est certain, c'est qu'il devient difficile à toute personne normalement constituée de s'occuper correctement de quelqu'un d'hostile. Ce n'est pas bien mais c'est humain.
Tout le monde ne peut pas être aussi gentil que lui : Alors voilà. Journal de soignés/soignants réconciliés (je suis jaloux) ou que cette fille de patient qui a menacé de se plaindre de nous à la terre entière alors que son père n'était pas encore arrivé de la maison de retraite... et qui l'a fait !
Souvenez vous chers patients, que non, a priori nous ne travaillons pas pour laisser notre sadisme s'exprimer et profiter de plus faible que nous pour nous sentir supérieurs. Pour cela, il suffit d'être chef de service ou PUPH ou les deux.






1 commentaire:

  1. Le probleme c' est que l'attitude agressive , la sensation de toute puissance, le mepris du personnel soignant (dans sa totalité) ne se limite plus aux seules urgences (ou avec beaucoup de cynisme on pourrait encore dire l' angoisse et le stress generent des comportements inhabituels...) , mais a gagné les consultations programmées, l' hospitalisation , il suffit de voir le nombre de courriers de plaintes envoyées aux CRCI , aux CRUCQs aux Direction , qui in fine sont vraiment sans objet.

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