samedi 31 mai 2014

Par le petit bout de la lorgnette

"Epouvanté", "choqué", comme tout le monde (dans le service, personne n'a bien entendu voté pour le FN) par les victoires du front national aux municipales et aux européennes, je me suis demandé s'il fallait  écrire quelque chose sur le blog, qui, lui, parle des urgences. 
Mais finalement, tout le monde s'accordant à penser que les urgences sont un bon observatoire d'épidémiologie, peut être quelques éléments disparates peuvent être également trouvés chez nous. 




Détestons les élites : Ah comme nous aimons tous critiquer les politiques, les directeurs, l'Administration et ses Enarques, les chargeant de tous nos problèmes avec leur incompréhension de ce que nous vivons, nous petites gens écrasés par ce flux incessant de patients. 
Et là ami (ou pas ) lecteur et peut être urgentiste, je te dis fais attention. 
Toi ami urgentiste, n'es-tu pas l'élite? Pour l'infirmière ou l'aide soignante devant laquelle tu pleures ton salaire de misère? Pour le patient qui penses que tu le méprise avec ton ton hautain (pas flingueur) et tes années de médecine (si, si va faire un tour sur les forums ou dans les courriers de réclamation de ton service). Ça ne te rappelle rien?
Nos élites comment les choisissont-nous, comment se choisissent-elles, se cooptent-elles? Quel est le poids de nos syndicats, combien d'adhérents ? N'avons nous pas nous aussi cette impression que de toutes façons tout est joué et que notre avenir, notre profession ne nous appartient pas ?
Et l'immigration. Combien de médecins étrangers travaillent-ils ou ont travaillé dans nos urgences. Ces médecins à qui on demande après des années de garde, de repasser des examens, de refaire des stages. Pourquoi ? Parce qu'ils ne sont pas au niveau ? Pour certains c'est vrai, mais cela ne les empêche pas d'être reçus. Mais pour la plupart qui sont nos collègues depuis de nombreuses années, c'est une humiliation gratuite (qui peut croire qu'ils ont besoin de stages aux urgences ?) contre laquelle, je ne me rappelle pas qu'un mouvement d'urgentistes français se soient élevé fortement (ni moi d'ailleurs). Tout ça pour la sacro sainte inscription au Conseil de l'Ordre (alors là, je fais une pause et je demande à ma femme si elle a bien envoyé le chèque de cotisation car non seulement je suis lâche, mais en plus je ne m'occupe de rien). Et pourtant, ces collègues, nous travaillons quotidiennement avec eux sans que l'origine ou la religion ne soit un obstacle. 
Au final non seulement je n'ai pas de solution mais en plus ce post est vraiment mal foutu.

Qu'est qu'un pessimiste ? quelqu'un qui pense que ce ne pourrait pas être pire.
Et un optimiste : "mais si, mais si ça pourrait être encore pire".
Soyons optimistes !





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