dimanche 3 juillet 2016

Enfin de l'intelligence en médecine !

Il est devenu difficile d'être médecin. Sur les réseaux sociaux, les patients et leurs associations vous jettent des anathèmes. Urgentiste, ce sont alors vos collègues médecins de ville qui vous accusent de leur piquer des patients et de faire la même médecine qu'eux en moins bien et beaucoup plus cher. Le tout dans un contexte où diriger un service d'urgence, c'est passer son temps à se demander comment on va faire pour remplir la liste de garde sans se faire exploser le nombre d'heures (et la famille de vos collègues).
J'en étais là de ces ruminations quand j'assistai (eh ouais t'as vu, j'emploie le passé simple) à la présentation d'un collègue au congrès sur les nouvelles technologies en médecine d'urgence. Et là, j’eus (à nouveau le passé simple!) une révélation! Grâce à la technologie, on se passera demain de personnel aux urgences!
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Moi, après la présentation

 J'ai donc décidé d'imaginer, à l'heure ou la médecine d'urgence devient une spécialité, un service d'urgence sans urgentiste, et sans infirmière. L'objectif étant évidemment de couter moins cher de faire de la qualité (et donc de contribuer à la régulation par la qualité et l'efficience).  Je propose le premier service entièrement basé sur l'intelligence artificielle, IA (certains me diront qu'il n'est déjà pas toujours basé sur l'intelligence tout court).
Pour une fois, je ne m'adresse pas aux urgentistes (tu m'étonnes) mais à tous ceux, patients, confrères, directeurs d'hôpitaux qui sur internet, au ministère ou ailleurs pensent que les urgences c'est le mal.
L'arrivée aux urgences et l'identification des patients est toujours un problème, l'inscription des patients se fera désormais directement à partir d'un système biométrique, beaucoup plus fiable que la carte vitale. L'accès aux données bancaires et assurantielles des patients se fera dans le même temps. J'imagine que le robot de l'accueil sera toujours aimable et complètement imperturbable aux insultes de ceux qui ne seront pas dans la base.Dans ce cas, un numéro d'urgence sera proposé à ces patients et leur permettra d'appeler un centre d'appel pour répondre à toutes leurs questions et régler ces petits problèmes.

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Le patient sera ensuite dirigé directement vers une cabine de consultation, pour prendre les constantes, l'interrogatoire étant réalisé par un module d'IA interrogeant le patient sur le modèle de SIRI (si tu connais pas tu as plus de 75 ans) en langage naturel avec un module spécial pour les patients ivres. Bien évidemment pour les personnes trop faibles, de jeunes volontaires avec une formation rudimentaire mais gentils fourniront une aide pour les installer et éventuellement les aider à répondre. Et là on voit déjà le génie du truc, il n'y a plus d'infirmière d'accueil, un gain de personnel indéniable.


La cabine recueillera les plaintes des patients et permettra à l'IA d'estimer la gravité des patients. L'IA apprendra de chaque patient, non seulement des parcours hospitaliers mais également de ses consultations de ville de la naissance à la mort. Qu'est-ce qui fait un bon médecin, à part une écriture illisible et le caducée ? C'est l’expérience et jamais un médecin n'aura autant d’expérience qu'une IA qui suivra des millions de patients.
En fonction des antécédents (dont certains ne se rappellent en général qu'à la fin de la série d'examens) mis en mémoire, l'histoire de la maladie, les signes cliniques et les constantes à l’arrivée, ainsi que l'espérance de vie (d'autres options seront disponibles selon les lieux de ventes comme l'utilité pour la société, le retour sur investissement et le statut bancaire), l'IA décidera de la conduite à tenir. et donc là, plus de médecin urgentiste non plus.
Mais là le lecteur curieux qui a tenu jusqu'ici se dit : mais l'examen clinique ? Constatant que la plupart des médecins rechignent à faire l'examen des patients, qui  tendent à considérer celui-ci comme un acte sexuel non consenti, et s'appuient sur les examens radiologiques et biologiques, je pense qu'il vaut mieux le supprimer.
En fonction des éléments recueillis et scorés (comme ce qu'on fait déjà tous les jours), l'IA, s'appuyant sur son expérience de plusieurs millions de patients (Mr Google ou Mr IBM-Watson, j'espère que vous me lisez, pour ceux que ça intéresse, la video complète est ) décidera de la pertinence des examens complémentaires ou du retour à domicile voire de la pertinence de la consultation et de son remboursement. 


 

La prise de sang sera réalisée par un système robotisé (aux US, c'est déjà un technicien qui effectue ce genre de gestes), étiquettera les tubes sans erreur et les enverra directement au labo où ils seront traités immédiatement par la machine sans l'excuse habituelle de "c'est hémolysé, "vous l'avez laissé sur la paillasse" ou le plus exotique "ça a du rester coincé dans le pneumatique".


Si l'algorithme le décide, on réalisera une échographie (faite par un technicien comme aux ...US) un scanner ou une IRM . Le logiciel d'analyse d'images fera le diagnostic.
Enfin à l'issue de cette consultation, un traitement sera initié. La plupart de ces patients rentreront à domicile avec des systèmes d'autosurveillance connectés, ce qui économisera des milliers de nuits d'hospitalisation. Les médicaments seront régulièrement livrés par drone ou humain (selon le coût) et mis en place par des techniciens formés.
Les patients hospitalisés seront mis sur les brancards autonomes et amenés dans les unités dédiées, voire au bloc où un robot se chargera de les opérer sans remarque concupiscente sur l'infirmière du bloc, d'où une économie de frais juridiques non négligeable.
Si vous êtes arrivés là, vous vous dites, bon c'est fini le Dr W a craqué sous la pression et il est parti comme le héros à la fin de Brazil (référence pour les plus de 40 50 ans). Mais tous les outils décrits existent déjà et n'ont besoin que de quelques améliorations pour fonctionner tous seuls.
Alors lecteur, si tu es un visionnaire comme moi, n’hésites pas à me contacter pour que nous puissions créer cette unité et faire la médecine d'urgence de demain et devenir riches. Demain les urgences, après demain la médecine !